Desperate Housewives

5.05.2006 @ 22:09:47 | Isis

Puisque je viens de finir de visionner le coffret de la saison 1 de Desperate Housewives en entier (je n’ai malheureusement pas pu tout suivre quand ils sont passés à la TV), je peux enfin vous parler de cette sympathique série :-).

Concept

Une voix off, conteuse d’outre-tombe, nous plonge dans l’intime quotidien de quatre de ses voisines et amies survivantes luttant contre un profond désespoir intérieur dans un monde ou l’apparence fait loi.

Histoire

Dans l’improbable perfection du quartier de Wisteria Lane, tout semble propice à une vie paisible et heureuse… Chacun s’affaire à démontrer à son voisin quelle existence modèle il a, sans pour autant risquer le contact. Mais lorsque Mary Alice Young met un terme inexplicable à ses jours, pourtant si irréprochables, de mère et d’épouse accomplie, le vernis trop lisse de Wisteria Lane s’écaille… Quatre voisines et amies de Mary Alice se retrouvent alors confrontées à leurs propres vies et s’aperçoivent que leur bonheur n’est en fait qu’un lointain mirage… Dès lors, ces quatre femmes désespérées s’activent à rechercher les raisons du suicide de leur amie afin de donner un semblant de sens à leur existence.

Personnages

• Susan Mayer : Mère divorcée, Susan est l’icône des foyers monoparentaux. Prisonnière de ses souvenirs et de ses rancoeurs, elle peine à oublier son ex-mari et sa traîtrise. Enfermée dans son chagrin, elle a laissé sa fille de 14 ans prendre la place de la mère au sein de leur petite famille en occupant celle de la petite fillette. Cependant, attirée par le mystérieux plombier qui vient de s’installer dans le quartier, elle se croit prête à tourner la page. Vraie catastrophe ambulante, fouineuse et tête en l’air, Susan va souvent se faire remarquer par de très grosses bêtises.

• Lynette Scavo : Lynette incarne le stéréotype social de la femme sacrifiant sa carrière au profit de celle de son mari. Laissant à regret derrière elle un poste de brillante businesswoman compétente et entièrement dévouée à son travail, elle endosse le rôle de mère à plein temps. Avec trois petits monstres de moins de 6 ans et un bébé, Lynette lutte constamment avec les regrets. Femme forte et déterminée, elle est cependant proche de la crise de nerfs.

• Bree van de Kamp : Femme bien rangée et méticuleuse, épouse dévouée et aimante, mère attentionnée, maîtresse de maison hors pair qui sait aussi bien tenir une cuisine que coudre ses propres vêtements, recevoir ou faire le jardin, Bree est une femme au foyer si parfaite qu’elle en paraîtrait presque monstrueuse. Prisonnière de ses névroses, du regard des autres et de son mariage, elle étouffe son mari et ses deux enfants de sa perfection pour cacher son désespoir. Femme glaciale, aux opinions rigides et conservatrices, elle va devoir besogner pour sauver son foyer qui se désagrège lentement.

• Gabrielle Solis : Ancienne mannequin ayant posé pour les plus grands magazines, Gabrielle vit désormais au crochet de son richissime et absentéiste mari qui lui permet d’obtenir tout ce qu’elle désire. Mais se rendant compte qu’elle “ne voulait pas les bonnes choses”, elle se retrouve prisonnière d’une cage dorée. Gabrielle se débat alors avec un insondable vide qu’elle essaye de combler avec son jardinier. Fière, hautaine et un peu trop égoïste, Gabrielle va pourtant devoir se surpasser et agir seule pour sauver son empire qui va peu à peu tomber en miettes.

Mon avis

Dans le fond, Desperate Housewives pourrait tout avoir du feuilleton à l’eau de rose nauséeux genre Top Models. Tous les éléments y sont : de l’amour, de la haine, des intrigues, des trahisons… bref, en gros, des histoire de nanas dans un huis clos…. Et pourtant… ça n’a rien à voir !
Et cela n’est certainement pas dû au fait que (pour une fois) la série offre un bon scénario bien ficelé du début à la fin, avec sa part de rebondissements, de mystères, de larmes et d’hilarité de façon convaincante et plaisante. Certes, cela compte pour beaucoup. L’intrigue tient la route. Le suspense et la tension en fin de chaque épisode sont au rendez-vous. L’humour est bien entendu très savamment administré et fait toujours mouche. Mais la série ne se contente pas de cela…

Une femme ordinaire et sans histoires se loge une balle dans la tête après avoir terminé une journée parfaitement banale. Rien ne laissait présager un tel acte. Un malaise est posé.
Une fois le choc passé, ses amies commencent à prendre conscience que la vie que menait cette femme-là correspond trait pour trait à leurs vies à elles… Une angoisse muette apparaît : pourquoi ? Si elle a commis cet acte, pourquoi pas moi ?
Pour se mettre le coeur en paix ces femmes commencent alors à s’intéresser à la vie de leur défunte amie. D’un point de vu strictement concret, elles veulent évidemment savoir ce qui a bien pu se produire pour qu’elle en arrive là. Quel est le terrible secret qui se cache derrière cette femme et sa famille si manifestement irréprochable ?
Mais en réalité elles n’agissent pas uniquement par amitié, compassion ou curiosité. Elles cherchent surtout à se rassurer… Ce fait trop dérangeant soulève l’évidence que toutes les quatre mènent une vie de profond désespoir. Une vie largement teintée d’insatisfactions, tant sur le plan affectif que social *. Des secrets inavoués remontent alors à la surface… Mais il faut à tout prix éviter de finir comme Mary Alice !
La quête du bonheur est lancée… en vain ?

En fin de compte l’intrigue reste secondaire. Elle sert de fil rouge à la série et nous pousse à la regarder d’un bout à l’autre. Mais en réalité le point focal est posé sur ces femmes qui se débattent avec leur désespoir.
La série offre de ce fait un regard acide et critique sur la société occidentale en général et en particulier sur les femmes. Humour grinçant, situations ironiques, répliques cyniques, le tout distribué par des personnages très typés qui pourraient tout à fait nous correspondre. Il est en effet très facile de s’identifier à l’un deux, de rire et de compatir à son sort. Mais plus difficile par contre est de se sentir concerné. Et pourtant… de là à admettre que notre vie pourrait ressembler à la leur, il n’y a qu’un pas…

Desperate Housewives

* Bovarysme

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4 Responses to “Desperate Housewives”

  1. C’est moyen mon truc (mais ça dépend de mon état d’esprit). Par contre: le jeu

  2. J’ai vu qu’ils avaient sorti un jeu, mais en général tout ce qui dérive d’un film ou d’une série ça ne m’intéresse franchement pas. En revanche je serais juste curieuse de savoir quel est le concept de ce truc… un genre de Sim’s ?

  3. Ben d’abord, c’est Tilsit qui a sorti ça. Leur info ici. Et ça a l’air d’un jeu d’ambiance, genre… LoveTrivia, Amoureux secret ou je sais pas quel truc comme ça… Pas possible de trouver les règles sur le net pour le moment.

  4. Ah oups, j’ai pas bien regardé l’image. J’ai cru que c’était le jeu vidéo parce que j’ai vu qu’ils en avaient sorti un aussi.

    Un jeu de société… ? Ouais… Bizarre… Vu comme ça je pense qu’il doit être soit bien délire, soit super nul. J’aime bien le concept : trouver le secret caché de ses voisins en préservant le sien. Par contre répondre à des questions sur la série pour avancer dans le jeu c’est vraiment très limité…
    Faut voir.

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