Il mondo della luna

8.08.2006 @ 19:04:41 | Isis

Il mondo della luna (1777) de Haydn (1732 – 1809), est la nouvelle production de l’Opéra de Fribourg, d’après le livret de Carlo Goldoni (1751 – 1839).

Le vieux et crédule Buonafede a deux filles, Clarice et Flaminia qui, pour échapper à la tyrannie de leu père, aspirent ardemment au mariage. Chacune d’elle a un amant, Ecclitico et Ernesto, mais Buonafede refuse obstinément de les marier… Ernesto à un valet, Cecco, amoureux de Lisetta, la servante de Buonafede, que ce dernier veut garder pour lui. Ecclittico, invente alors un stratagème : il se fait passer pour un astrologue très doué et montre à Buonafede, avec un télescope ultra-puissant mais trafiqué, les merveilles de la lune. Buonafede observe dans le téléscope une belle en train de caresser un vieillard, un homme en train de battre sa femme et une femme “menée par le bout du nez” par un homme. Buonafede est enchanté par ce qu’il voit et désire se rendre sur la lune, ce monde qui à l’air tellement mieux…! Ecclitico, bien sûr, en connaît le moyen, l’empereur de la lune lui ayant fait parvenir un breuvage magique qui fait voler… En réalité, avec le breuvage Buonafede s’endort et Ecclittico met en place dans son jardin, avec la complicité de tous, le fameux monde de la lune… Lorsqu’il s’éveille “sur la lune”, Buonafede réclame sa fille et sa servante. Ecclittico annonce leur arrivée pour bientôt : elles seront humbles et soumises, comme il est d’usage sur la lune.
L’empereur de la lune est en fait Cecco déguisé. Il consent à faire venir Clarice et Flaminia mais exige d’épouser Lisetta. Puis, par ruse (sous le couvert des “usages de la lune”) Buonafede est amené à donner ses filles à Ecclittico et Ernesto. Et tout rentre dans l’ordre… même une fois que Buonafede comprend d’avoir été dupé et pique une grosse colère 😛 !

Cette opéra Opéra-bouffe (opéra comique), composée en trois actes, s’inscrit complètement dans la tradition de la commedia dell’arte du 18e siècle. Ce qui est sympa par rapport à l’Opéra normal ou tragique, c’est que les personnages ne sont pas plantés comme des piquets pour déclamer leurs airs (ce que j’apprécie aussi énormément, faut pas croire :-P), mais sont toujours en mouvement. Il se passe, un peu comme dans un Vaudeville, toujours quelque chose sur scène. Et les thèmes typiquement issus de la comédie italienne sont présents : le valet qui devient le maître, le maître crédule qui se fait berner, etc. Bref, en gros, une histoire légère, très plaisante et surtout, très drôle !

Par contre, j’espère que vous me pardonnerez, mais, n’étant absolument pas qualifiée dans ce domaine, je ne vais pas faire le commentaire des voix et des chanteurs :oops:… Tout ce que je peux dire, c’est qu’ils chantaient bien… C’était dommage aussi que le rôle d’Ernesto était joué par une femme.
La musique était très belle également. Peut-être un peu répétitive… on comprend mieux du coup la révolution de Mozart, quelques années plus tard, qui a brisé tous ces schémas un peu rigides :-P.

En ce qui concerne la mise en scène (là je suis quand même plus à l’aise ;-)), je l’ai trouvée très imaginative et très bien réalisée, à quelques détails près : j’ai pas trop apprécié la table d’expériences chimiques où tout pétait un peu partout en faisant de la fumée chez Ecclittico (ça n’avait rien à faire là et ça n’apportait rien) et le souper bizarre sur la lune où des gens “aspiraient” des lumières (je sais pas si ça singeait une espèce de “drogue”… quoi qu’il en soit j’ai trouvé ça assez déplacé aussi…). Mais à part ces quelques détails, j’ai trouvé que c’était bien harmonieux. J’ai été surtout impressionnée par le travail sur la gestuelle dans le soi-disant monde de la lune, qui était à la fois drôle et subtil. C’était surtout marrant de voir que Buonafede n’y comprenait rien 😛 !
Dans la mise en scène toujours, il y a eu quelques trouvailles très drôles aussi, comme une immense robot-oie métallique téléguidée qui se baladait sur scène en faisant peur à Buonafede et un véhicule hybride vélo à trois places. Ce qui m’a surtout frappée, c’est la capacité à suggérer un passage d’un environnement à l’autre en ne changeant rien au décor, mais en suggérant le changement de lieu par d’autres personnages, lumière, etc…
En parlant de ça, les décors étaient peu nombreux et plus suggestifs que représentatifs. Moi j’aime beaucoup cette façon de voir et j’ai trouvé que c’était super bien réalisé ! Et comme d’habitue, la structure autour était grandiose (voir la photo sur le site), même si la scène reste plutôt petite.
Les costumes aussi étaient très chouettes. Surtout ceux pour le monde de la lune où j’imagine que les costumiers ont dû s’éclater ! Bien qu’il soient tous sur le même ton, ils sont vraiment très beaux, surtout pour les filles.

Bref, en gros, j’ai drôlement apprécié !!! Encore un spectacle que je conseille…
Au fait, l’Opéra dure 2h45 plus 30min de pause.

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6 Responses to “Il mondo della luna”

  1. Je suis assez d’accord avec le commentaire (long, mais bien fait ;)!)! C’est une pièce plaisante, il y a juste deux trois choses un peu trop modernisées et pas tellement à leur place, c’est vrai, mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé… je le conseille vivement!

  2. Long…? Arf ! Tu es trop bonne avec moi 😛 !

  3. La seule version du Monde de la Lune que j’aie eu l’occasion de voir, c’était sur Muzzik (Mezzo), et il faut avouer que le responsable des décors / matériel divers /… était très, mais alors très haluciné o_O Une fois sur le monde lunaire, tout le monde était habillé en fluo, et était comme… heu… très arrondi, et ils y consomaient des potages / trucs encore plus fluos que leurs habits, si c’était possible. Je crains que ce ne soit l’opéra qui veuille ça ^^;

  4. Ouais… pourquoi pas… j’pense qu’il faut voir…
    Par contre je serais très très curieuse de savoir comment ils ont représenté ça à l’époque…

  5. J’ai essayé de remonter dans les productions, mais c’est bien ce qu’il me semblait, il est très peu joué, donc… si tu connais quelqu’un en musicologie, peut-être pourra-tu te renseigner, moi je ne trouve rien.

  6. Ca vient du fait que Haydn est très mal connu à l’opéra. Si j’ai bon souvenir, il n’était pas tellement joué, déjà à l’époque, parce qu’on aimait pas beaucoup son opéra. Et par la suite, il a été oublié jusqu’au XXè siècle…
    En tout cas, la première fois où Il monde della luna a été joué, c’est au château d’Esterhaza pour le conte Nicolas Esterhazy.

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