(trois ans et) un mois.

(post pour pleurer)

Il y a trois ans et un mois, je perdais Caramel. Le seul a avoir vraiment toujours été là pour moi, quand je vivais chez ma mere, à l’époque où nos relations étaient plutôt mauvaises. Et puis même, depuis toujours, le seul à avoir été là. En trois ans, je n’ai jamais réussi à aller sur sa tombe. COUPABLE, je suis coupable de l’avoir laissé seul, lui qui a toujours été là à chaque fois. Voilà ce que je suis et ce que je serai toujours vis a vis de Caramel : COUPABLE.

Il y a un mois, on a perdu Daïsuke. En une phrase, Roger a bien défini notre peine : « J’avais enfin l’impression d’avoir une famille. » C’est vrai que Daï nous a tous soudés, on avait des projets pour l’avenir (et on est plutôt du genre à improviser…), et depuis qu’il nous a quittés, on n’a plus envie de rien. On n’avait pas besoin de le perdre pour savoir à quel point on l’aimait et à quel point il nous aimait. Mercredi, on a enfin récupéré ses cendres. C’est horrible de se dire : lui qui aimait tant manger, il est mort le ventre vide. Lui qui était si frileux, qui aimait tant la chaleur, ils l’ont laissé dan sle froid presque un mois avant de l’incinérer. Et je m’en veux tellement… Récupérer ses cendres, c’est perdre tout espoir qu’il se soit réveillé. J’ai tellement voulu espérer, mais non : maintenant, il n’y a plus aucun espoir. Aucun. Plus jamais. C’est fini. Et ça fait tellement plus mal quand on est face à cette réalité. Je savais qu’il ne fallait pas espérer, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Je me déteste (mais ça, c’est pas nouveau.)

On dit que quand on est au faud du gouffre, on ne peut qu’en remonter. C’est faux. On peut creuser pour aller encore plus profondément. Voir Roger creuser me donnait l’impression quee je remontais, au moins pour soutenir mon homme et mon chat. J’avais tort, encore une fois. Je suis remontée le simple temps de prendre ma croix de culpabilité. COUPABLE, je le suis sans aucun doute. Coupable d’avoir avancé ce putain de rendez-vous. Le poids de cette croix est tel que je me laisse enliser dans des sables mouvants. Qui a dit qu’il n’était pas possible de s’enfoncer davantage ? On n’a pas envie de s’en remettre, on pleure notre petit Daïdaï encore tous les jours, ou presque. Hier, il aurait du avoir un an, on avait décidé que son anniversaire serait le 18 avril. Il aurait du. Pour rigoler, on avait meme dit : « il faudrait inverser les anniversaires de Daï et Ichi, comme ca Ichi aurait son anniversaire le jour de la St Parfait, et Daïsuke le jour de la St Alexandre » (2e prenom de Roger)

Mes regrets sont futiles. Je regrette qu’on n’ait pas pu feter son premier anniversaire. Je regrette de ne pas avoir décoré l’appartement pour le seul noel qu’il aura connu. Je regrette qu’il n’ait pas eu le temps de gouter à des coquilles St Jacques. Se dire qu’il a été super heureux ne console pas : il aurait du continuer à l’etre pendant tellement longtemps. Oui, on savait que la maladie l’avait affaibli, qu’il ne vivrait pas longtemps. Mais il n’aurait pas du partir aussi vite. Pourquoi n’est-il pas possible de pactiser avec le diable, de nos jours ? Je ferai tellement n’importe quoi pour récupérer notre petit Daïsuke, au moins pour le rendre à Roger et Ichigo.

Ca fait du bien d’écrire tout ça. Même si ca ne minimise pas la peine. Sur ce, je vais ecrire un post un peu plus joyeux.

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