Vendredi 14 mars

Mardi 18 septembre 2007 : Alors que Roger et moi devions aller faire des courses, le programme change radicalement pour devenir une visite chez une vétérinaire (inhumaine et incompétente au possible) dans l’espoir de sauver la vie d’un tout petit chat gris.

Et pas n’importe quel petit chat gris malade, non. Cette vile petite créature nous avait charmé avec ses grands yeux verts magnifiques, ses manières pataudes de petit chaton. Il nous a adopté, on ne peut pas parler du contraire : il nous a choisis, on n’a fait qu’accéder à sa requête.

Les premiers temps ont été durs, entre les deux frères, surtout Ichigo qui n’acceptait pas qu’on lui en impose un, de petit frère (surtout un frère… on aurait au moins pu lui ramener une femelle, quoi.) Mais Ichi a espéré, j’en suis sûre, que cette intrusion ne serait que tempopraire. Hélas ! Quand Lili et Roger sont passés de « petit monsieur » à « Daïsuke », c’était foutu : le tout petit chat gris allait faire partie de la famille.

Alors, la vie a continué. Daïsuke n’osait pas prendre ses aises, c’est qu’Ichigo aurait pu lui en vouloir. Mais qu’importe ! Il y a une chose qui lui appartient toute entière, et cette chose, c’est son Roger. SON Roger rien qu’à lui. Quand il regarde de ses grands yeux verts son humain, on y lit de la vénération. Bon, la Lili est pas mal, elle aussi (surtout en coussin la nuit), mais avec Roger, c’est le coup de foudre, la grande histoire d’AMOUR.

Oh, bien sûr, les mois passant, tout petit mini chat commence à tester certaines choses : « si j’embête Ichigo, mon Gégé va me défendre quand même, hein ? ksssshhh…(bruit de respiration, mélange subtile entre Dark Vador et Predator.) » entre autres. Il va bien, malgré sa truffe bouchée qui l’empêche de bien respirer. Sa grande passion après Roger ? La nourriture. « Si c’est dans ma gamelle, ca se mange donc je mange. Si c’est dans leur gamelle, ca se mange donc je peux manger aussi. » telle est sa devise. Ha ! Il a moins rigolé, le jour où il s’est précipité sur de la moutarde extra forte !

Lundi 10 mars 2008 : La respiration de petit DaïDaï se dégrade brusquement. Ca fait deux mois et demi qu’on a changé de vétérinaire, qu’on a troqué la (connasse de) vétérinaire en bas de chez nous contre un vétérinaire extra-gentil et compétent. Comme Roger bosse, Lili surveille, mais après tout, ça devrait aller, vendredi on a rendez-vous pour la fibroscopie (examen qui devait déterminer s’il serait sous cachets toute sa vie où s’il y a possibilité de guérison complète.)

« Nous sommes désolés, on a inversé deux chats, on a euthanasié Daïsuke par erreur. »
Réveil en sursaut. Daïsuke plante ses griffes dans mon bras. (« Bouge pas, coussin, kssshhhhh »)

J’ai une peur bleue du vendredi à venir. Allez, Lili, raisonne toi, ce n’est rien, il va être sauvé. Mais pourtant, les rêves de ce genre me harcèlent. Je n’ose pas en parler à Roger, de peur de le faire paniquer : on parle quand même de Daïsuke, SON tout petit chat. L’épreuve qui risque d’être super dure, ca va être de ne pas lui donner à manger, au mini chat : c’est qu’il doit être à jeun pour la fibro.

« Mme Le Grand ? C’est le Dr V. Je vous appelle à propos de Daïsuke. … Il est décédé. »
Sauf que cette fois, je ne me suis pas réveillée en sursaut.

Il n’y a rien à dire. Merci simplement de m’avoir lue/écoutée.

Je ne veux toujours pas y croire, j’espère encore un miracle.
J’ai envie de me foutre en l’air. Envie de prendre la cuite du siècle, de frapper les murs jusqu’à les faire tomber ou me briser les mains.
Je n’en veux pas au vétérinaire. Il nous a expliqué ce qui s’était passé. Il était super content d’avoir trouvé le mal, une tumeur grosse comme deux phalanges du petit doigt au fond de sa truffe, tumeur opérable sans ausun risque. C’est son coeur fragilisé de mini chat qui n’a plus supporté l’anésthésie.
Je veux tuer la véto en bas de chez moi. Sur plusieurs jours. Elle n’a jamais cherché plus loin que « truffe qui coule = rhume ». Salope incompétente.
Je déteste les voisins de mes beaux parents, qui ont trouvé amusant d’avoir plein de chats pour un temps, et de tous les avoir foutus dehors plutôt que de continuer a prendre leurs responsabilités parce que c’était plus amusant. Saloperies d’alcooliques de merde. Peut être que Daïsuke aurait été en meilleure santé si vous aviez pris vos responsabilités !
Je hais les gens qui disent : « c’est qu’un chat ». Trouvez un seul humain qui a donné autant d’amour et d’affection que ce « chat » nous en a donné en huit mois. Il n’en existe pas, il n’en existera jamais.
Imaginez que ma tristesse n’est rien comparée à celle de Roger. Non, elle n’est pas imaginable, en fait.

Je veux encore espérer un miracle. Je veux qu’on nous rende notre petit chat.

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