L'atelier de Myrdin: Souliers, cuirs et objets médiévaux
Histoire • Archéologie • Fantaisie

Travail du cuir

L'artisanat du cuir - Les métiers de la chaussure - Le cuir - Les outils

L'artisanat du cuir

Les artisanats du cuir occupent une place fondamentale dans toutes les sociétés. Depuis les périodes les plus anciennes, le cuir est partout présent dans la vie des hommes, dans l’habillement, l’ameublement, l’habitat, dans le transport, le harnachement, l’équipement guerrier...

La peau de l’animal forme la « deuxième » peau de l’homme, celle qui protège et accompagne son corps, le mettant à l’abri des atteintes extérieures, des froids, des intempéries, des blessures. Mais le cuir prolonge aussi quantité de ses activités : il est contenant, courroie, lien, selle, reliure, ornement...

Ses produits investissent un éventail de domaines très large, ils participent au quotidien comme au champ de bataille, ils sont biens de première nécessité comme marchandises de luxe. Devenu chaussure ou bouclier, toile de tente ou ceinture d’apparat, coussin, gourde ou parchemin, le cuir est un matériau de la vie, de la survie souvent. A ce titre, il est un puissant révélateur de l’histoire des sociétés humaines.

F. Audoin-Rouzeau, S. Beyries, 2002
(Rencontres internationales d’archéologie et d’histoire)

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Les métiers de la chaussure

Les métiers de la chaussure

La ville du Moyen Âge connaît une stricte structuration de la plupart des métiers qui étaient regroupés en corporations. Elles fixaient les règles et les exigences professionnelles et assuraient la protection des divers corps de métiers comme l'approvisionnement en matières premières nécessaires à leur exercice. Ainsi apprend-on dans le livre des métiers de la ville de Paris, de 1268, que les artisans de la chaussure étaient regroupés en plusieurs corporations strictement définies et hiérarchisées.

Au sommet de l'échelle, les cordonniers ou cordouaniers fabriquaient des chaussures neuves, avec du cuir neuf. On dit que se sont eux qui, au Haut Moyen Age, tannaient aussi le cuir dit de Cordoue ou Cordouan. Quant à l'utilisation des matériaux, il leur était interdit de faire des chaussures en cuir de mouton, dit basane, considéré de qualité inférieure, à l'exception des doublures ou des semelles de propreté, appelées encore basanes de nos jours, bien qu'elles soient faites le plus souvent en matière synthétique.

Ensuite, les savetonniers faisaient des chaussures légères en basane, mais ils ne pouvaient faire de chaussures en cordouan ou autre cuir de qualité, sauf pour eux-mêmes et leur ménage. Après cette mention du XIIIème siècle, il semble que l'on n'entende plus parler de savetonnier.

Au bas de l'échelle, les savetiers avaient l'interdiction d'utiliser du cuir neuf. Ils devaient s'approvisionner sur des objets usagés de cuirs vieux, ce qui explique l'expression allemande de Altmacher ou Flickschuster. Ils ne se contentaient pas seulement de réparer des chaussures, mais pouvaient aussi les modifier ou en fabriquer des neuves avec des pièces de cuirs récupérées sur des chaussures ou d'autres objets de cuir en trop mauvais état pour être réparés.

Ces spécialistes du recyclage devaient faire preuve non seulement de tout leur savoir-faire, mais aussi d'imagination, et acquirent souvent une plus grande maîtrise technique que leurs principaux concurrents, les cordonniers. Les différends entre les deux corps de métier étaient fréquents et faisaient régulièrement l'objet de procès ; parfois même on en venait aux mains.

L'industrialisation de la fabrication de la chaussure marque le début de la disparition du cordonnier faiseur de chaussures. De nos jours le savetier porte le nom de son ancien concurrent. On apporte les chaussures chez le cordonnier qui les ressemelle et les répare, mais n'en confectionne plus ou qu'exceptionnellement.

Aujourd'hui, seuls quelques rares privilégiés peuvent se faire faire des chaussures sur mesure et les artisans qui offrent encore ce type de services se nomment bottiers. Les orthopédistes confectionnent ou transforment des chaussures pour les adapter à des pathologies ou des déformations accidentelles.

M. & S. Volken & G. Bourgarel 1999
Revue du service archéologique fribourgeois, "A petit pas dans le Moyen âge..."

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Le cuir

Le cuir

Le matériau de base est une peau naturelle brute d'origine animale, elle est constituée d'un épiderme et d'un derme.

La première étape consiste à supprimer toute la pilosité, ce qu'on appelle le dépilage. La seconde voit l'élimination des chairs, c'est l'écharnage. Puis le tannage à proprement parler peut commencer. Il s'agit d'une opération chimique qui transforme sous l'action de tanins (végétaux ou autres) les peaux en cuir.

L'épiderme donne ce qu'on appelle la fleur, la partie brillante et lisse et le derme donne quant à lui la chair, la partie rugueuse.

Au Moyen Âge, on procédait à un tannage "végétal" (basé sur des tanins d'origine végétale, souvent d'écorce de chêne) par trempage, dans de nombreuses cuves durant une période de plus ou moins trois mois.

Les cuirs obtenus par tannage végétal sont de bien meilleure qualité que ceux d'aujourd'hui. Ils demandent quelques recommandations d'entretien (avant qu'ils se patinent naturellement) mais ces "peaux" permettent aux pieds de bien respirer. Le cuir, matière noble par excellence devient la matière première de l'artisanat du cordonnier.

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Les outils

Les outils

L'artisan médiéval utilise très peu d'outils pour travailler son art. En voici quelques-uns.

Un fer en demi-lune et un tranchet permettent de découper les cuirs. Des alênes en métal emmanchées ou en os taillé sont utilisées pour pratiquer de petits trous dans le cuir afin de permettre la couture.

La couture ne se fait pas avec des aiguilles métalliques mais avec des soies de sangliers (longs poils durs et résistants). Le fil de lin ou de chanvre poissé ou ciré est alors fixé autour de la soie par un ingénieux système. Une soie est fixée à chaque extrémité du fil, le tout formant ce qu'on appelle un ligneul. Ce système est tellement pratique qu'il est encore utilisé de nos jours.

Le marteau permet quant à lui de travailler les coutures, de poser les éventuels clous (ou semences) pour les semelles de cuir.

L’astic est un morceau d’os très dur qui sert à polir, lisser les différentes parties de l’objet en cuir.

Le compas de fer sert à tracer des traits parallèles ou à diviser une longueur en parties égales.

La forme en bois pour modeler la chaussure et travailler sur mesures chaque empreinte.

Dès l'Antiquité, les cordonniers romains utilisaient ce type d'établi (chevalet de cordonnerie) pour la fabrication de leurs chaussures et sandales. La chaussure est maintenue par un tire-pied.

Chevalet de Cordonnier

Aujourd’hui, les outils ne sont pas aussi rares qu’à une certaine époque et plus confortables. Ils permettent une meilleure finition dans l’ouvrage.

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