train blindé Angleterre (1880)

train blindé

Angleterre – 1880

1880-1885 Egypte et Soudan
Les premiers trains blindés anglais furent utilisés lors des campagnes d’Egypte et du Soudan en 1880.
D’après les archives, un train blindé participa à la défense d’Alexandrie et il se révéla tout à fait efficace. Il transportait une compagnie de 200 fusiliers-marins, une pièce de 9livres (4kg), un canon automatique de 1livre (0.50kg) et plusieurs mitrailleuse Gatling. Par la suite on lui ajouta un obusier de 40livres (18kg) se chargeant par la bouche et monté sur un wagon spécial.
On plaçait les wagons d’infanterie et d’artillerie de part et d’autre de la locomotive blindée qui se trouvait au centre du convoi, les wagons étaient légèrement protégés par des sacs de sable et des plaques d’acier. A l’exemple des français (1871), une rame de dépannage était ajoutée à l’ensemble lors de sortie pour assurer sa retraite en cas de nécessité.
Un train de ce type servit d’appui lors des sorties de reconnaissance de la garnison d’Alexandrie et de l’attaque de Tel-el-Kebir et un autre, armé de pièces plus légères 20livres au maximum (9kg) fût utilisé pendant la tentative de construction d’un voie ferrée de Suakin à Berber pendant la campagne du Nil de 1884-1885.

1894
La compagnie de chemins de fer London, Brighton and South Cost Railway construisit un wagon spécial pour canon à affut rotatif avec l’aide du 1er rgt de volontaires du Sussex artillerie. En effet, 300 volontaires désoeuvrés de ce rgt avaient eu connaissance de l’existence d’un canon de 40livres (18kg) en excédent à Shoreham et soutenu par l’entreprise de chemin de fer se mirent à l’ouvrage. A en croire les comptes-rendus des essais officiels, les résultats espérés furent atteints mais on ne poursuivis pas cette expérience.

1899, 2eme guerre des Boers (1899-1901)
Cette guerre dura 3ans et c’est là que le train blindé atteignit certainement son développement le plus complet quand à l’emploi et à l’organisation.

Mauvaise utilisation
Par contre, les premiers trains furent très mal utilisés d’où des résultat catastrophiques et une très mauvaise impression de Sir Winston Churchill. Sur les six premiers convois blindés réalisés à la hâte, l’un fut capturé dès la première nuit des hostilités et deux autres bloqués dans Ladysmith assiégé. On continua de les construire et de mal les utiliser durant l’année 1899, l’un d’eux fut encerclé et détruit par les Boers, et plusieurs dont celui de Chruchill échappèrent de justesse au même sort.
La bravoure du journaliste du Morning Post, Winston durant l’embuscade du 15 novembre 1899 de son train blindé lui valu la Victoria Cross, mais celui-ci fût finalement fait prisonnier par les Boers et emprisonné à Pretoria d’où il s’échappa; malheureusement il garda une très mauvaise image du train blindé et de ses performances pendant cette guerre.


après l’embuscade du 15 novembre 1899, reste du wagon blindé ouvert du 2nd Royal Dublin fusiliers qui s’est renversé au cours de l’action qui à permis au reste du train de s’échapper

Ces trains n’avaient pas profité des expériences antérieures (1880), ils étaient peu armé, ils étaient composés d’une locomotive protégée de tôles d’acier placée entre deux wagons légèrement blindés, armés de simples mitrailleuses Maxim dont le champ de tir était restreint. La seule autre puissance de feu dont disposait le convoi était formée d’un vingtaine de soldats à l’abri dans un wagon muni de meurtrières. L’ajout d’un canon à tir rapide de 1livre (0.50kg) sur un affut rotatif était encore insuffisant pour compenser sa faiblesse face aux canons automatiques de 1livre (0.50kg) des commandos Boers.


1900 au Natal, en Afrique du Sud, train blindé de la Royal Navy équipé d’une mitrailleuse Maxim et d’un canon de marine

D’autre part les officiers qui commandaient ces trains n’avaient qu’une vague idée de leur emploi, ils les utilisaient parfois comme moyen de transport personnel ou d’autres fois les envoyaient sans escorte en reconnaissance en profondeur dans les territoires tenus par l’ennemi.

train blinde Angleterre 1880-01d
wagon de transport d’infanterie


une des innovations originales durant la guerre contre les Boers, fût de recouvrir complètement la locomotive d’une natte dense et serrée de cordes, la protégeant ainsi des tirs des armes légères

Meilleures performances
Vers la fin du conflit, le réseau de voie ferrée stratégique d’Afrique du Sud s’étendait sur plus de 6’500km qu’il fallait maintenir ouverte pour apporter aux forces le soutien logistique. Le train blindé représentait le meilleur outil pour effectuer ce travail, il accompagnait les convois de troupes, abritait les éléments de dépannage, patrouillait sur les sections de voies dangereuses et se portait plus d’une fois au secours de camps ou de garnisons encerclées.
Peu à peu un système rationnel de commandement se mis en place, un ou plusieurs trains pouvaient être demandés par un commandant de formation en difficulté. Une fois dans la zone, le train passait sous son contrôle opérationnel, sans pour autant pouvoir être utilisé à d’autres missions. Au G.Q.G., il y avait un un directeur-adjoint des trains blindés, chargé de superviser leur emploi et ayant autorité pour les rappeler lorsque leur présence était jugée plus utile ailleurs.
Le train blindé avait été bien amélioré, c’était devenu une véritable forteresse sur rails et leur nombre finit par dépasser la vingtaine.

Ces trains ressemblaient à maints égards à des bâtiments de guerre, ils se tenaient comme eux, en liaison avec d’autres unités par le télégraphe du chemin de fer ou par signaux optiques. Ils constituaient un véritable système d’armes, engagé avec d’autres trains blindés ou des éléments de troupe ou ils pouvaient se montrer redoutable.

Sous le commandement d’un officier d’active l’effectif comprenait :
– 1 section d’infanterie
– 1 ou 2 batteries d’artillerie
– 1 élément du génie responsable de la mise en oeuvre du monstre
– 2 équipes de conduite de la locomotive
– 1 section de réparation des voies
– des spécialistes des transmissions

leur composition n’était pas fixe, mais un train standard comprenait de l’avant vers l’arrière :
– 1 plateforme à bogies chargée de matériels de réparation de la voie, rails et traverses. Ce wagon de tête était destiné à être sacrifié en cas de mines ou de coupure de la voie.
– 1 wagon à bogies armé de mitrailleuses Maxim et/ou d’un canon automatique de 1livre et d’une section d’infanterie. Ses occupants étaient protégés contre les tirs plongeants par un blindage du toit.
– 2 ou 3 wagons à 4 roues servant de magasins à munitions, de casernement, de poste de transmission et de support des projecteurs. Le cdmt du train avait son P.C. dans le wagon des transmissions et se tenait en liaison avec les autres wagons par un interphone.
– la locomotive entièrement protégée par un blindage métallique.
– 1 wagon-citerne d’eau
– 1 plateforme blindée sur laquelle était installé un canon de 12 livres à tir rapide. Plus tard, l’utilisation de wagons à bogies permit d’y installer 2 pièces de 12 livres, une à chaque extrémité tirant par des embrasures. Les tout derniers modèles n’avaient qu’un seul canon monté en barbette rotative sur le toit d’une caisse blindée de faible hauteur.
– 1 wagon à bogies armé de mitrailleuses Maxim et d’une section d’infanterie

Wagons à blindages amovibles simplifiés :
On pouvait facilement adapté ce blindage à un wagon civil à bogies, il s’agissait de rails de chemin de fer superposés horizontalement entre des montants verticaux jusqu’à une hauteur de 1,50m. Un espace était aménagé entre deux de ces rails pour former une meurtrière sur tout le flanc du wagon. Des affûts sur traverses permettaient de mettre en batterie une Maxim à chaque extrémité et l’ensemble était abrité sous une toile de tente. Il y avait deux avantages à ce type de wagon, rapide à équiper et permettait le transport des matériaux nécessaires pour une éventuelle réparation de la voie, par contre son emploi était dangereux en terrain valloné, car il n’était pas protégé contre les tirs plongeants.

Plus tard, lorsque leur efficacité opérationnelle fût reconnue, on leur assigna des missions offensives, comme flanc-gardes pour la protection des colonnes, ou pour l’interception de détachements ennemis attirés dans sa zone de tir par des commandos de rabatteurs.
Le célèbre général Boer Christian de Wet, commandant en chef les forces de l’Etat libre d’Orange, se trouva sous les feux convergents de quatre trains blindés alors qu’il tentait de franchir les lignes britanniques. Ayant subi de lourdes pertes, il réussit à passer mais en abandonnant toute son artillerie et ses bagages.

L’aboutissement
Vers la fin du conflit, on combina le train blindé avec l’artillerie sur rail, 2 pièces de marine de 155mm fûrent montées sur des plateformes à bogies et accrochées au convoi. Parfois, ils les décrochaient à la faveur de l’obscurité près d’un poste menacé d’une attaque. Désagréable surprise pour l’attaquant ! ces pièces pouvaient tirer tout azimuts (TAZ), elles étaient équipés de stabilisateurs; il y eut aussi une pièce de marine de 230mm monté sur un wagon spécial, mais elle ne participa pas à la guerre qui pris fin.

1914
La densité du réseau ferroviaire favorisa l’utilisation de l’artillerie lourde sur rails et de draisines blindées sur voies étroites (60cm)
Comme les convois de ravitaillement étaient exposés à recevoir des obus, cela nécessitaient une certaine protection. Les Anglais avaient des motrices diesel-électriques à blindage amovible, ils avaient également transformé en simili-char d’assaut quelques-unes de leurs locomotives Simplex, mais sans aller jusqu’à les armer d’un canon.

1918-1940
le train blindé retombe dans l’oubli.

1940
En été 1940, les anglais se trouve à nouveau menacé d’invasion et forcé de renforcer ses maigres défenses. La pénurie de moyen de transport remis en mémoire des militaires l’utilisation des trains blindés et du réseau ferroviaire côtier. Très rapidement, une série de trains blindés légers fut réalisés pour patrouiller le long des secteurs côtiers. Le concept de la forteresse mobile était totalement oublié, la pénurie de canons lourds était telle qu’il eût été imprudent de les affecter à une arme plutôt contreversé.
Ces trains blindés A, à M étaient très courts, une locomotive-tender de train omnibus et un wagon-PC entre deux paires de wagons-marchandise recouverts de plaques de blindages. L’armement ne comprenait guère que des mitr. DCA Lewis et de petits canons de faible calibre 37mm, c’était mieux que rien et la vue de ces trains remontait le moral de la population. Le train blindé anglais Rommey, Hythe et Dymchurch fut encore plus minuscule que les autres, voie ultra-étroite de 38cm, il longeait la côte à 100m du rivage. Heureusement qu’aucun de ces jouets n’eut à repousser une véritable invasion !

CH 42 p 52 à 57 RP
Re 699 p 6 à 7 RP

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