Elizabeth : l’âge d’or

15.15.2008 @ 17:36:39 | Isis

La fiche :
Titre : Elizabeth : l’âge d’or (2007)
Réalisation : Shekhar Kapur
Avec : Cate Blanchett, Geoffrey Rush, Clive Owen, …
Genre : Drame, Historique.
Durée : 1h 54min.
Bande-annonce : http://youtube.com/watch?v=amE6yhLlsbQ
Site officiel : http://www.elizabeth-lagedor.com

L’histoire :
En 1585, Elizabeth Ière règne sur l’Angleterre depuis près de trente ans et voit son pouvoir ouvertement contesté par Philippe II, roi d’Espagne. Déterminé à renverser la reine « hérétique » et à ramener l’Angleterre au sein de l’Église romaine catholique, le roi se constitue une armée puissante et une Armada qui domine les mers. Soutenu par l’Eglise de Rome, il fait souffler sur l’Europe le vent destructeur du catholicisme fondamentaliste tandis que Marie Stuart, reine catholique d’Ecosse et cousine de la reine, ourdit un complot pour ravir la couronne qu’elle pense mériter… En plus de tous ces combats, Elizabeth doit également lutter contre ses sentiments pour Walter Raleigh, un pirate au service de Sa Majesté.

Mon avis :
Voilà un film que j’ai vraiment bien aimé et qui pourtant, dans l’ensemble des très rares critiques qu’il a reçu, a eu de bien mauvaises appréciations. J’avoue que je ne comprends pas très bien… On a dit qu’il fonctionne mal. Parmi les reproches les plus récurrents on cite l’absence de narration, un manque d’originalité et de maîtrise dans la façon de filmer, une musique assourdissante qui écrase tout, de mauvais dialogues, un scénario sans finesse, une histoire trop romancée, trop de raccourcis, des perruques moches, etc. etc…
Bon. Moi je n’ai rien vu de tout cela. Alors je reprends.

Il est tout à fait vrai que les dialogues sont très pompeux, très ampoulés, voire mélodramatiques. Ponctués de grands silences et de regards appuyés ou larmoyants. Parfois aussi, sûrement très « bateaux », ils soutiennent des idées très naïves. Les émotions sont sur-jouées, appuyées à l’extrême, excessives. Et comme pourrait le dirait mon père, c’est « très frémissant ». Le film renferme aussi de nombreux clichés. Les chevaux des amoureux secrets qui galopent dans la plaine, les conversations sur l’immensité de l’océan et la petitesse de l’homme, la tempête qui fait rage pendant la bataille (même si ça c’est historique), les bougies qui s’éteignent au moment ou tout est perdu, etc.
En général, je n’aime pas beaucoup ce genre. Je ne le trouve jamais crédible et souvent ridicule parce que les gens ne se comportent pas comme ça dans la réalité. Et je n’apprécie pas plus les images trop explicites (comme les bougies qui s’éteignent) ou les dialogues simplistes. Mais là, je dois dire qu’étonnement, ça passe vraiment super bien ! C’est comme un effet de style tout à fait bien maîtrisé par la réalisation. Je me suis complètement laissée prendre par cette emphase et j’ai vraiment été transportée par le film. C’est gros, oui, mais c’est bien mené, très dominé. Si bien que ça ne dépasse pas la limite de l’aberration et le film est très plaisant.
Et donc, là où la plupart ont vu un « excès de grandiose », moi je vois plutôt un manière particulière de filmer qui, de mon point de vue, a plutôt très bien fonctionné.

Quant à la musique, dont on dit qu’elle est écrasante, je trouve au contraire qu’elle était fort à propos. D’ailleurs, avec le son bien trop fort des nouvelles salles du Cap’ciné, si elle avait été incommodante, je l’aurais remarqué !
Je ne dis pas que je vais foncer acheter la BO (quoi que… peut-être mon cousin s’y intéressera), mais je la trouvais très chouette dans le contexte.

Et pour ce qui est de la romance et bien… ceux qui ont envie d’un film qui respecte l’histoire à 100% peuvent aller regarder un documentaire. Ils auront peut-être l’illusion que c’est objectif. Personnellement, à condition de ne pas faire d’erreurs trop honteuses (comme dans Gladiator où l’on plaçait le règne de Marc-Aurèle en 180 av. J.-C.), j’aime beaucoup lorsque le réalisateur prend des libertés scénaristiques sur la réalité historique, lorsqu’il s’approprie d’un moment historique et qu’il y apporte sa propre interprétation issue de son imagination. Et tant mieux s’il invente des trucs ! C’est le but d’un film.
Ce que j’ai aimé dans Elizabeth, au niveau de la « romance », c’est que le film ne traite pas de pouvoirs, de domination, de batailles ou d’Empires, mais il porte au nu la figure d’un personnage. Censé être l’égale d’un dieu, Elizabeth est dépouillée sous toutes ses coutures. Et ce que le film dépeint, ce sont en fin de compte les sentiments d’une humaine, qu’ils soient avilissants ou honorables.
D’ailleurs, j’espère vraiment que Cate Blanchett recevra l’oscar pour ce rôle, parce que vraiment, elle est époustouflante !

Il me reste juste à dire un mot sur la narration et le scénario. Moi j’ai trouvé la trame très bien ficelée. J’ai été plutôt surprise par la mise en place du complot. Le final est un peu stéréotypé, mais il passe quand même. Et je n’ai rien à dire sur la narration. Le film était clair, bien mené, bien rythmé selon moi.
Quand aux perruques moches, et bien… moi j’ai trouvé les tableaux magnifiques. On ressentait une véritable recherche d’esthétisme dans la photo, les costumes, les décors. Toute une ambiance. J’ai trouvé vraiment très beau.

En tout cas, ça m’a donné envie de voir le premier opus (Elizabeth), sorti en 1998, dont je ne connaissais même pas l’existence.

Ma note :

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