Une ville futuriste, constituée de hauts immeubles, tous semblables et transparents comme du verre. Il est facile de se perdre, même pour un habitant de la cité.
Je vis dans un ensemble de quatre gratte-ciels, disposés en rectangle, chacun reliés par des coursives de verres, avec une sorte de gigantesque piscine au centre. Si on prend le temps de monter aux derniers étages de ces immeubles, on ne voit que la mer, à perte de vue.
Un après-midi, alors que le ciel est d’un bleu parfait et que le soleil tape fort contre les parois de verre, je dois rejoindre mon mari dans notre appartement. Mais les immeubles sont tous si semblables les uns aux autres que je me perds. Ne sachant où aller, j’emprunte l’ascenseur d’un des bâtiments.
J’entre dans la cabine, transparente elle aussi, à l’exception du sol, qui est en aluminium froid, ainsi que la paroi sur laquelle se trouve se trouvent les commandes de l’ascenseur. J’appuie sur le bouton correspondant à mon étage et la cabine monte.
Elle monte tant et si bien que je dépasse mon étage.
Les murs de l’immeuble se font de plus en plus translucides avec l’altitude. Il n’y a plus d’appartements, seulement le vide. Et ce ciel bleu. Les commandes de l’ascenseur m’indiquent que j’ai appuyé trop haut. La cabine va dépasser le point de non-retour. Celui que seuls peuvent emprunter les gens ayant passé des tests d’humidité.
Je comprends – trop tard – mon erreur. Je ne suis pas entraînée pour ça.
L’ascenseur suit sa poussée, atteint le sommet de l’immeuble et se propulse dans le vide du ciel bleu. J’ai peur. Je vais m’écraser et me noyer dans cette mer infinie.
La cabine vole, décrit une parabole….
Elle s’échoue avec fracas dans le lit d’une rivière gravillonnée, loin de tout. Rien en vue, la civilisation n’est qu’un souvenir.
Je panique, m’écorche les poings contre les parois de verre. En vain, la cabine est solidement fermée, je ne peux l’ouvrir de l’intérieur. Je perds tout contrôle et les larmes montent, embrumant ma vue et semblant me priver d’oxygène.
Je vais mourir.
L’humidité…. un soubresaut de conscience. Je me traîne jusqu’au commande et comprends que si je ne pleure pas, j’ai une chance de m’en sortir. Maîtrisant ma peur et ma respiration, je regarde aux alentours.
Dans mon champ de vision, au loin, un homme et son enfant. Ils ont la peau foncées et semblent chercher quelque chose dans la rivière.
Je les fixe intensément, ne pouvant parler sous peine de manquer d’oxygène.
Miracle, l’homme me voit.
J’articule un « help me », silencieux, que l’homme puisse lire sur mes lèvres.
Je suis… sauvée ?
Moralité de l’histoire ? arrêter la caféine et dormir plus.