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Shen Yun : de la liberté d’expression

J’ai eu la chance mercredi dernier (27 mars) d’assister au spectacle Shen Yun, représentant, selon leurs termes « 5000 ans d’histoire chinoise » sur la scène du théâtre de Beaulieu, à Lausanne. Ayant déjà succombé par deux fois aux sirènes de Riverdance, j’ai eu envie de tenter une aventure similaire du côté des contrées asiatiques.

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Depuis plusieurs semaines, à chaque fois que Piou et moi allions soit au fitness, soit faire les courses, nous étions accostés par des gens faisant de la pub pour le spectacle. Nous avons fini par craquer. Surtout que, coup de chance assez incroyable, un couple s’était désisté au dernier moment, ce qui nous a permis d’avoir d’excellentes places dans le premier quart de la salle. Nous étions donc aux premières loges, ou presque.

Shen Yun est donc un spectacle employant plus de 90 danseurs, chanteurs et musiciens, proposant au public de traverser divers tableaux de la Chine traditionnelle. Les costumes sont nombreux, variés et très colorés. La musique quant à elle est un savant mélange de traditions chinoiises et d’accents plus européens.
J’étais d’ailleurs surprise – et un peu déçue – que des CD n’aient pas été proposés à la pause, ainsi que des DVD, comme pour Riverdance.

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Puis j’ai compris pourquoi.
Il se peut même qu’après écriture de cet article, mon blog soit interdit d’accès en Chine. 😉

La puce m’est venue à l’oreille lors de l’un des chants (sous-titré à l’aide de l’écran à l’arrière de la scène, aussi utilisé de manière très sympathique pour « ouvrir » le champ scénique lors des danses) disait clairement que « l’athéisme était une tromperie et le darwinisme un mensonge, car seul le Créateur est à l’origine de toute chose ». Là, j’ai commencé à me poser quelques questions au sujet de ce message idéologique clairement exprimé au milieu d’un show artistique.
Quelques minutes plus tard, deux tableaux dansés montrent un jeune couple adepte du « Dafa » (version chinoise simplifiée de « Falun Gong » – en fait une branche du qi-gong) se faire arrêter puis battre à mort par les « rouges » (le Parti Communiste chinois, donc). Mais heureusement, le Dieu tout puissant vient ramener le jeune homme à la vie, pour le plus grand bonheur de son épouse.

Puis, la présentatrice a brièvement expliqué que, si la troupe était fondée à New York, c’était pour échapper à la censure chinoise.
En effet, le « Dafa » est formellement réprimé en Chine, l’adhésion y est interdite (deux fois plus d’inscrits qu’au Parti Communiste chinois, c’est cela qui inquiète) et il n’y a pas de prescription ! (les gens qui en ont eu fait partie sont encore à l’heure actuelle battus, torturés et parfois tués).

Après quelques recherches, j’ai pu lire que le Falun Cong n’est pas une secte ; mais que certaines personnes aux USA le considère comme telle (et certains de leurs membres sont assez insistants sur Twitter, me renvoyant à l’une de leur revue, Epoch Times alors que je me demandais comment tourner cet article…).

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Quoiqu’il en soit, le Parti Communiste chinois ne voit pas d’un bon œil les membres du Dafa qui de leur côté estiment le gouvernement actuel responsable de la perte d’une partie des valeurs traditionnelles de la Chine, telle le yun (traduit « bearing » sur Wikipédia, comprendre « prestance » ou « attitude »), selon les propos de Vina Lee, chorégraphe du spectacle.
En gros, les protestations du Falun Gong vont dans le sens du regret de la perte de l’identité chinoise, de la tradition du pays.

Les deux partis sont donc en désaccord profond quant aux valeurs que la Chine devrait privilégier au quotidien.
Ce qui explique que le PC a essayé, via la politique, de faire cesser les représentations de Shen Yun de par le monde.
Ce qui explique également que Shen Yun ne vende pas de CD ou de DVD, à mon avis ; afin d’assurer que leur spectacle reste en zone « sûre ».
La troupe comporte 3 groupes différents, toujours en tournée de par le monde. Le groupe que nous avons vu partait le lendemain pour Francfort. IL faut également savoir que les représentations se font le plus souvent grâce à un patronage d’un des groupements de Falun Gong, répartis de par le monde.

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Il n’empêche que, mis à part le reproche que je ferais – comme quelques journalistes et critiques – à Shen Yun, qui est de ne pas assez expliquer leur message avant de vendre leur billet (je ne m’attendais vraiment pas à tomber sur un spectacle contenant de la propagande pour un mouvement religieux ! même si ce n’est que 10% du spectacle, il faut bien l’avouer), le spectacle reste fabuleux et vaut le détour. Les performances des danseuses et danseurs classiques chinois(e)s sont vraiment impressionnantes, le tout est superbement orchestré et souvent mis en scène avec humour !

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Ce spectacle est un ravissement pour les yeux autant que pour les oreilles et, sachant qu’ils créent de nouveaux tableaux chaque année, je risque de me laisser tenter à nouveau…

Et vous ? aviez-vous entendu parler du Dafa avant ?

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Ces derniers temps, j’ai :

Visité le comptoir de Fribourg et vu de jolies réalisations automnales en pain.

Acheté de nouvelles souris Logitech pour nos MacBook respectifs : blanche pour moi, noire pour lui.

Mangé un boeuf croustillant au Vinam avec des amis après une partie de Cthulhu.

Contemplé, en allant au travail à la bibliothèque pour une des dernières fois, la cathédrale de Fribourg cachée dans le brouillard.

Travaillé sur mon Mémoire avec mes stabilos tout neufs de pouffiasse.

Bravé la pluie avec mon parapluie chats que je ne retrouve plus depuis une semaine :(.

Répété pour les concerts de fin d’année avec la Landwehr (8 et 9 décembre à l’Equilibre, Fribourg, pour ceux que ça intéresserait).

Acheté des crèmes Essence édition spéciale Noël qui donnent envie de se manger les mains.

Recommencé la série Stargate SG-1 pour la troisième fois.

Pris le train plus tard grâce à mon nouveau job.

Joué à Pokémon Blanc version 2 tandis que Piou joue à la version Noir.

Chopé une insertionite en faisant n’importe quoi lors d’un footing et en ayant agravé le tout en portant mon sac trop lourd.

Mangé un curry rouge au Punkt avec des amis.

Pris de longs bains chauds pour lutter contre le froid, en compagnie de Lush et de Rowling.

Eu froid et vu la neige tomber sur Fribourg.

Fait du JDR.

Travaillé pour mon Mémoire et travail de séminaire.

Investi dans un iPad et un clavier solaire Logitech pour soulage mon dos, perdant ainsi deux kilos dans mon sac de cours.

Mangé à la Crêperie Sucré-Salé pour l’anniversaire de la filleule de mon mari.

Eté à Genève pour l’anniversaire de mon papa.

Craqué pour le coffret vanillé de The Body Shop.

Avancé (encore) séminaire et Mémoire sur Papad tout neuf.

Bu beaucoup de thé et mangé les premiers biscuits de Noël et mandarines.

Assisté à la table ronde Musica Donum Deorum à laquelle j’ai aidé à brancher l’ordinateur au beamer.

Regardé mes chats se tuer au travail.

Fait l’idiote dans le miroir au-dessus de la cheminée de la salle de travail.

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Touriste en son propre pays

Comme vous le savez, ou peut-être en avez vous entendu parler sur d’autres blogs suisses romands (parce que dans le fond, je ne sais plus si j’en ai parlé ici, trop de choses dans ma tête depuis le mois de juin pour faire un tri conscient de mon vomi verbal), j’ai eu le privilège d’être contactée en avril par Eric Tissot, chargé de la communication externe et de la promotion de la ville de la Chaux-de-Fonds. Il était arrivé sur mon blog je ne sais pas trop comment (je ne suis pas super populaire non plus, contrairement à ma période Bloxode sur le Japon) et il m’a proposé, comme à d’autres bloggeurs, de venir découvrir la ville le temps d’un weekend.

Pour tout vous avouer, mon premier réflexe a été de penser à une blague, puisque c’était la première fois qu’on me contactait pour une opération de la sorte. De plus, je blogue depuis 2005 de manière totalement non-lucrative ; tenir un blog est un loisir pour moi et je n’en attends aucune rémunération, ni aucun cadeau. Ces deux raisons m’ont fait hésiter puis, après parlé brièvement de mes tergiversations sur Twitter, j’ai appris que mes amies Andreia et Stephanie avaient reçu la même offre, tout comme d’autres blogueurs suisses, telle Mlle Funambuline.
Par ailleurs, connaissant un peu l’histoire de la Chaux-de-Fonds et ce que la ville avait apporté à la Suisse au niveau industriel grâce à mes cours d’histoire moderne, je me suis dit que je ne me fourvoierai pas trop en acceptant un weekend certes tout frais payés ou presque, mais à vocation culturelle.

Le bâtiment de l’Espace de l’Urbanisme Horloger où on nous a réservé un excellent accueil.

Par souci de transparence, je vous précise donc que nous ont été offerts une nuitée en chambre double dans un hôtel 4 étoiles, le moyen de visiter gratuitement les musées de la ville, une carte de transports publics, la possibilité de visiter un atelier d’horloger, ainsi qu’un apéritif au Festival de la Plage des Six Pompes. Nous avons également eu la chance de pouvoir visiter l’extraordinaire « Train Fantôme », la maison la plus fantastique que j’ai vue jusqu’à ce jour !

Bref, la Chaux-de-Fonds, que mon mari et moi « connaissions » un peu car une amie y a vécu durant longtemps, est une ville malheureusement méconnue alors qu’elle est pleine de charme de et surprises. Comptant un peu moins de 38 000 habitants au 31 décembre 2010, la Chaux-de-Fonds est en fait la 3ème ville de Suisse romande et est inscrite au patrimoine de l’UNESCO depuis 2009 pour son urbanisme particulier, au caractère dicté par les besoins de l’industrie horlogère, activité phare de la ville.

Un petit avant-goût du Musée International de l’Horlogerie, si bien documenté qu’il se verra l’objet d’un article tout bientôt (nous y avons passé plus de trois heures).

La ville a été ravagée par un incendie en 1794 et a donc été reconstruite selon un plan en damier qui, s’il se retrouve couramment aux USA, reste une exception en Suisse, dont les villes sont composées de rues sinueuses aménagées au fur et à mesure des besoins. Lors de la projection du film à l’Espace de l’Urbanisme Horloger (ou plutôt, sur le sol du bâtiment !), nous avons réalisé que ce plan de ville « à l’américaine » était important car durant les froids hivers que connaît la Chaux-de-Fonds, il était plus facile de déneiger des rues larges et droites ; ainsi, l’industrie horlogère ne souffrait pas trop de retards de transport des différentes pièces. Logique et totalement ingénieux.

Espace de l’Urbanisme Horloger : de près, le mur est couvert de petites photos résumant l’histoire de la ville. De loin… c’est la suggestion d’une vue panoramique de la Chaux-de-Fonds. Bien vu !

Le film de 15 minutes projeté sur le sol grâce à trois projecteurs fixés au plafond. La voix du commentateur français m’a rappelé celle du mec qui commente le système solaire au Musée d’Histoire Naturelle de Genève. C’est p’têt lui ?

Sitôt le film fini, nous quittons l’Espace de l’Urbanisme avec une guide pour la matinée, qui nous mène dans différents endroits de la ville et nous raconte une partie de son histoire. Elle nous parle des bourgeoises qui se promenaient le long des rues pendant que les lessiveuses s’occupaient de leur linge. Elle nous introduit également à « l’art nouveau » qui décore une bonne partie des entrées des anciens bâtiments de la ville et nous emmène dans deux-trois vestibules aux caractéristiques étonnantes et bien marquées. Elle nous explique également qu’il est facile de deviner quels maisons abritaient – ou abritent encore – un atelier : on a construit les fenêtres donnant sur les salles de travail très près les unes des autres pour un maximum de lumière, tandis que le reste de la façade présente une configuration normale (souvent, les gens vivaient et travaillaient dans la même maison).

Je vous laisse avec les quelques photos prises lors de la matinée de visite :

La rue dans laquelle se promenaient les bourgeoises… dès 1848, la ville est le pôle économique du canton de Neuchâtel.

Dans cette rue vivaient et travaillaient les « lessiveuses » qui lavaient le linge des plus aisés. A Neuchâtel, on parle d’ailleurs toujours de « lessiverie » pour dire « buanderie » ce qui m’a bien fait sourire : ma grand-mère, d’origine neuchâteloise, voulait toujours nous la placer au Scrabble. 😉

Une entrée typique, toujours dans la rue des lessiveuses. Notez le carrelage en pierre d’époque. On accédait à l’allée par une volée de marche.

On retrouve souvent des façades peintes dans la ville et le plus souvent par le même artiste ! les bâtiments sont parfois très colorés, ce qui contraste avec leur alignement au cordeau ! Beaucoup ont été décorés en « trompe-l’oeil » par le peintre Carolus (de son vrai nom Carol Gertsch).

Assez spectaculaire : ce bâtiment aurait dû être un manège, il a finalement été transformé en une série d’appartements, regroupés autour d’une cour centrale.

On retrouve des ornements de style « art nouveau » (mouvement né aux alentours de 1900, cherchant l’esthétisme dans l’évocation de la nature) un peu partout en ville. Ici, une vraie mosaïque dans un hall d’entrée ! (je dis « vraie » car parfois, on triche avec de simples catelles ouvragées). Ce n’est pas sans rappeler les décors végétalisés chers aux Romains dans l’antiquité !

Depuis l’Espacité, la vue montre clairement le plan en damier si caractéristique de la Chaux-de-Fonds.

Voici l’avenue Léopold-Robert, peintre et graveur. Mais les habitants préfèrent l’appeler leurs « Champs-Elysées » ou encore « le Pod ». 🙂

Voilà pour aujourd’hui ! je reviens bientôt avec un petit topo sur l’industrie horlogère et ce qu’elle a apporté au canton, que ce soit économiquement ou socialement (notamment par l’arrivée de toute une communauté juive). Et quelques photos d’un atelier d’horlogerie tenu par un homme aux multiples projets !

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