Le petit local de la Poste du village, en plein mois de juillet. Le ciel est bas, il fait lourd et la moiteur toute estivale ambiante vous colle à la peau. Vous entrez dans l’office de Poste avec votre petit carton jaune. La queue s’éternise tandis que la grosse dame de devant fait ses payements. Le carton jaune a son utilité pour vous éventer tout en faisant mine de vous concentrer sur le morceau de Led Zeppelin qui martèle dans votre crâne déjà engourdi par la chaleur.
C’est votre tour. La Postière prend le petit carton jaune, part dans les tréfonds des bureaux durant une minute qui passe comme une éternité. A son retour, elle examine votre carte d’identité. Son regard passe sur la photo plastifiée vous représentant le teint frais et le cheveux brillant puis glisse progressivement sur vous, debout devant le guichet, suant entre les quatre murs de l’office de Poste, le teint collant et brouillé, la mèche de cheveux hagarde, le maquillage tout baveux.
Autant vous dire qu’elle a eu un imperceptible instant d’hésitation.







