Il reposa soudain la tasse de café qu’il allait porter à ses lèvres. Un avis dans les pages « décès » de son journal avait attiré son attention.
« Ellen… curieux, ce nom me dit quelque chose », pensa-t-il.
Il resta songeur quelques instants, les yeux perdus dans le vague, tandis qu’il laissait doucement remonter ses souvenirs…
Un samedi orageux de mai, 1991, dans le petit village de Château-d’Oex, il est en vacances chez sa grand-maman, Trudy, comme bien souvent dans son enfance. Ses parents aimaient le savoir exposé au bon air pur de la montagne, car c’est bon pour la santé, qu’ils lui disent toujours.
Elles sont arrivées sur le coup des quinze heures, serrées l’une contre l’autre sous un grand parapluie noir à pointe métallique ; Ellen salue son amie Trudy tandis qu’elle range son parapluie dans le hall d’entrée. Sa petite fille, gamine un peu étrange, lui dit que franchement, mémé, tu devrais faire attention, les parapluies avec une pointe métallique, c’est dangereux quand y a des éclairs. Maman dit qu’on peut être frappés par la foudre comme ça, elle continue, tandis qu’Ellen la traite gentiment de charrette de gamine.
Après le thé accompagné de biscuits maison, les deux enfants montent dans la plus haute pièce du vieux chalet de bois, le grenier. Ils passent une bonne partie de l’après-midi là-haut, à remuer de vieux souvenirs de Trudy entremêlés dans une malle poussiéreuse ; laissant vite de côté les quelques rares photos jaunies et cornées par les années, les marmots entreprennent de faire un défilé de mode (plus très au goût du jour il est vrai) à leurs deux grand-mamans, restées en bas, devant la cheminée.
Elle sortit une dernière fois du buffet de la gare. Elle savait au fond d’elle que c’était sans doute la dernière fois qu’elle voyait ces lieux. Une page de son enfance se tournait définitivement.
Une page un peu jaunie et cornée, usée par les années.







C’est de la prose fictive ou c’est en rapport avec ta grand-mère? Je suis un peu dans le cirage, je ne suis pas sûre de comprendre (surtout que tu changes de focalisation en cours de route, ça me brouille encore plus). Tu es retournée à Château-d’Oex après l’enterrement?
Un mélange des deux. L’événement de mon enfance a bien eu lieu. Mais le garçon qui était avec moi, je ne l’ai jamais revu.