(en attente d’un titre)

Current Mood:

Parmis mes grandes decisons, j’ai oublié de citer l’intention de montrer un peu plus ce que j’écris seule. Oui, parce que j’ai fait lire, ca a été soit « Les Deux Andromede » que j’écris avec Wanou/ Kenthira, et « Larme Ultime », la fanfic que j’écris avec Duncan (sur inn) Donc, il est temps que je me retire le manche a balai que j’ai dans un certain endroit de ma personne. Et puis, comme j’ai fini une histoire, autant la mettre ici… Critiques sont bienvenues 🙂

(En attente d’un titre) Chapitre A.

Duncan (lève les yeux) : Ca commence bien -__-
Alis : Bah quoi, il est 23h56, je voulais écrire quelques lignes, mais si je commence à me faire insulter par mes persos, ça va pas le faire…
Hilda : Duncan, la ferme.
Duncan : Alis-san, qui est Hilda ?
Alis : O__O Je sais pas…
Hilda : Ton pire cauchemar…
Alis : Gasp.
Duncan : Et mon histoire d’amour U__U ?
Alis : Ah, elle ! Elle s’appelle Rachel.
Duncan : Ca sonne bien ^^
Hilda : Hey, la Alis ! Tu commences où je te confisque ton thé ?!
Alis : U___U
(Theme : Apocalyptica à Nothing Else Matter)

Dans un monde où l’écriture est un art réservé aux plus grands, un art qui prend forme et vie selon les désirs, un art qui pourrait s’avérer dangereux s’il ne choisissait pas ses maîtres.

Rachel ferma les yeux : elle était toujours nerveuse avant un concert. Encore une fois, elle vérifia l’encre sombre de sa plume, la qualité de la toile. Elle lissa sa robe, ajusta les perles de son corsage, les bijoux de sa coiffure, examina son maquillage. Et puis, ce soir, après sa représentation, son père allait rencontrer Duncan. Elle rougit. Elle attendait cet instant depuis trois mois, et tout se passait à merveille. D’ailleurs, ledit Duncan frappa à la porte et entra.
– Tu es magnifique, ce soir ! Enfin, je veux dire, encore plus que d’habitude… »
Il fit apparaître un énorme bouquet de fleurs multicolores entre ses mains et le lui tendit. Rachel fut surprise, mais finit par rire.
– Tu trembles, Duncan !! Je me demandais pourquoi tes fleurs avaient l’air floues ! »
– Rachel, te rends-tu compte que ce soir, je vais appeler « papa » le grand duc de Vyskocyl ? »
– Ne me dis pas que tu as peur de lui… Tu m’as dit que tu étais prêt à le rencontrer, et lui, il est tout bonnement impatient !! »
Il déposa les fleurs dans un vase et prit la jeune femme par la taille, ils firent quelques pas de danse sur un air imaginaire.
– Mais, je n’ai pas peur de lui. Presque pas ! Tu oublies que je ne suis pas un élu, que je ne possède rien… »
– Duncan Belkis, tu parles comme un vieux ! Je sais que tu n’es pas d’ici, mais ça fait tout de même cinq ans que tu vis sur Vyskocyl, tu devrais savoir que mon père attache beaucoup d’importance au bien-être de tous, et en particulier, c’est vrai, à ceux qui travaillent la terre. Personne sur toute la planète ne le vouvoie, sauf en présence d’autres monarques. Même si tu avais été un mendiant, il t’aurait accepté, tant que tu me rends heureuse. Mais tu es un excellent cavalier et tu as été apprenti forgeron des mois durant. Tu as un immense talent pour la parole, tu pourrais être l’ambassadeur de mon père ! »
Elle l’entraîna dans de nouveaux pas de danse.
[Rachel, ne t’agite pas trop. On va bientôt venir te chercher. Et tes chiens de garde ne sont pas de bonne humeur.]
– Solani, être détendue ne fera qu’améliorer la qualité de mon interprétation ! »
Rachel se détacha de Duncan, après un rapide baiser sur ses lèvres. Elle enfila un gant légérement rembourré au niveau du poignet et Solani, son Oiseau, vint s’y percher. Duncan frissonna lorsque ses yeux croisèrent ceux de l’Oiseau : si Rachel était si confiante en ce qui concernait leur avenir à tous les deux, il était loin d’être apprécié par l’Oiseau, celui qui avait donné le don à son aimée. Ca le faisait grimacer, à chaque fois qu’il y pensait : ce n’était qu’un vulgaire cacatoès, après tout.
– Rachel, ton volatile me détesteé »
– Duncan, ne sois pas injuste avec Solani. »
[Mais il a tellement raison, Rachel.]
– Solani ! »
[Tes chiens de garde, Rachel.]
Effectivement, quelqu’un frappa à la porte.
– Souhaite-moi bonne chance ! »
Elle l’embrassa rapidement et fit demi-tour. Cinq gardes du corps attendaient la violoniste devant sa porte. Elle sourit une dernière fois à Duncan et se dirigea vers la scène. Il soupira, rajusta sa tenue et partit prendre place. Il jeta un regard inquiet vers la loge du grand duc, déglutit.
« C’est pour ce soir… »

– Réveille-toi, abruti ! »
Duncan sursaute. Ses yeux brûlent, mais au prix de grands efforts, il parvient à les ouvrir. Il fixe ses mains bandées, incapable de se souvenir de quoi que ce soit. Une migraine lui arrache un grognement de douleur.
– C’est pas trop tôt, j’ai pas que ça à faire. Au moins, t’es vivant. »
Il lui sembla voir une silhouette bouger près de lui, il entendit vaguement une porte se fermer. Il bascula en avant et se força à retomber en arrière, pour plonger à corps perdu dans un sommeil dont il avait besoin plus que tout.

Une odeur de bois brûlé lui chatouilla les narines. Ses côtes lui faisaient mal, il avait l’impression d’être confondu avec un sac de pommes de terre. Duncan ouvrit un oeil, grogna : il était porté comme un sac de pommes de terre. Bien que la vue ne soit pas déplaisanteé
– T’es réveillé ? Tant mieux. Tu cours tout seul. »
Il bascula sur le côté, et avant d’avoir compris quoi que ce soit, on le tira brusquement par le bras. Duncan dût réfléchir deux secondes avant que son cerveau ne comprenne l’ordre. Courir. Un pied devant l’autre. DEVANT, j’ai dit. Plus vite, toujours plus vite, beaucoup trop vite. Vite. Vide.
Vide ?
Il ne sent plus le sol sous ses pieds, et il a l’impression de voler. Quand on vole, on ne devrait pas avoir littéralement « le feu au cul », si ? Il ouvre en grand les yeux, malgré la douleur. Devant lui, les mêmes belles fesses que tout à l’heure. Enfin, la même fille, du même coup. Il ouvre la bouche, puis regarde le sol, ou du moins, là où aurait dû se trouver le sol. C’est le fleuve.
– Je… Dites, JE SAIS PAS NAGER. »
Il aurait mieux fait de se taire : l’eau se rapproche à plus grande vitesse.
– Le boulet… » grogne la fille.
Elle défait le ruban noir de ses cheveux, le passe autour de la taille de Duncan et autour de la sienne, et le noue bien qu’ils soient dans l’eau. Et elle remonte à la surface. Derrière elle, Duncan hoquète, panique.
– Tu veux pas te rendormir, des fois ?! »

Il ignore comment, mais ils sont arrivés aux quais. (Quand il aura vu la bosse qu’il a sur la tête, je pense qu’il aura compris.)
– Thell ( ) a un sacré sens de l’humour où elle me déteste carrément. »
– Mais vous êtes qui, à la fin ?! » murmura Duncan.
C’aurait eu plus d’impact s’il avait réussi à crier, comme il l’avait voulu.
Elle noua à nouveau l’épais ruban noir dans ses cheveux gris.
– Hilda de Phédora. Gardienne. Et celle qui t’a sauvé de justesse. »
– Sauvé ? De quoi ? »
– Thell me déteste réellement… De l’incendie, idiot ! »
Elle gémit devant le regard de Duncan.
– Les coulisses de l’opéra ont explosé. Donc il y a eu un incendie. Et alors que l’incendie était presque maîtris… Hey, tu vas où, comme ça ?! »
Duncan court, il a du mal à se repérer, mais il n’est pas question qu’il croit cette étrangère sans l’avoir constaté par lui-même. L’opéra qui brûle ? Il aimerait en rire. Mais ses mains bandées, son mal de crâne, la douleur au côté, l’en empêchent. Hilda est derriére lui, lui ordonner de revenir. Il n’a pas à désobéir à une Gardienne, mais…
Il n’arrive tout simplement pas à croire que Rachel puisse être morte. C’est tellement impossible.
Au fur et à mesure qu’il approche du centre ville, l’air est plus lourd, il fait sombre.
Enfin, il peut s’arrêter.
L’Opéra s’élève, majestueux, au milieu de la grande place. Mais, en regardant un peu plus à droite, il manque les arbres, il y a de gros blocs de pierres noires, des morceaux de verre colorés. Et surtout, beaucoup, beaucoup de fumée noire. Et aussi, trop de draps blancs par terre. Hilda arrive à cet instant, et le retient par l’épaule.
– Il n’y a plus rien à faire ici. Tu ne ferais que géner… Hey, tu m’écoutes ?! Tu restes là. Pas bouger. »
– Rachel… »
– T’es le seul survivant connu, gamin. »
– RACHEL !! »
Il se défait de l’emprise d’Hilda et court vers les cendres. Il entre par la porte principale, parcourt l’immense hall d’entrée, rejoint la salle où jouait son aimée. Il se précipite vers les bancs, et refuse de croire ce que voient ses yeux. Non, il y a toujours ce trop plein de lumière dans la salle, des sièges sur lesquels il est si bon de fermer les yeux en écoutant Rachel, et une scène immense où elle semble si petite. Et pourtant… Il va sur la scène. Il se laisse tomber à genoux, reste immobile, longtemps. Hilda, près de ce qui aurait dû être l’allée centrale, ne sait pas quoi faire. Un homme se penche à son oreille, désigne Duncan, la sortie. Elle hoche la tête.
Elle lui prend le bras et le soulève.
– Allez, viens, y’a plus rien à faire ici. On gêne, et il y a encore des risques d’explosions. Ce serait bête que je t’ai sauvé pour rien, hein… »
– Mais Rachel… »
– Désolée, mais ça m’étonnerait qu’elle s’en soit sortie. Attend que tout ça soit officiel, peut-être qu’après tout, des blessés sont sortis par une autre porte. »
[Gaéminé]
Duncan s’arrête.
– Quoi… ? »
[Sors-moi de là, au lieu de bailler aux corneilles… J’aime pas les corneilles…]
– Solani ? »
– Mh ? »
Hilda se mord la langue.
– Qu’est-ce que tu as dit ? »
– Attends, Hilda, l’Oiseau de Rachel vient de parler, je l’ai entendu. On doit le chercher ! »
[LA chercher, je suis une femelle. Près de l’orchestre.]
Duncan creuse comme un acharné, jusqu’à dégager… un aigle. Blanc, et immense.
– Un Aigle ?! »
[Quoi, tu as un problème ?]
– C’est que… t’étais qu’un vulga… un cacatoès. Pas un aigle. »
[Nous pouvons changer de forme à volonté. Tu voyais Rachel porter un aigle comme moi ?]
– Benê »
[Porte-moi et allons voir un guérisseur.]
– Un souci, jeune homme ? » demanda Hilda.
Duncan grogna un « non » avant de soulever délicatement l’Oiseau. Il la prit contre lui, et ils sortirent de l’Opéra.

Rachel : Et ben, j’aurai pas fait long feu, moi… (c’est le cas de le dire !)
Alis : En même temps, j’avais besoin de quelqu’un pour embêter Duncan et Hilda avant et après chaque chapitre ^^;
Rachel : Mais, quand même U__U
Duncan : Rachel, tu es vivante !!!
Alis (se met devant Rachel) : Nan, c’est une illusion d’optique.
Hilda : Tu nous cours, avec tes illusions d’optique.
Duncan : De quoi parlez-vous, Hilda-san ?
Hilda : Toi, commence par arrêter de donner du « san » à tout le monde !!
BAF
Duncan : u___uO J’arrète pas de me faire frapper, moi… Et ça n’explique toujours pas les illusions d’optique d’Alis-s
BAF
Hilda : C’est quand elle joue à Shadow Of The Colossus, dès qu’elle est reperée et se fait poursuivre par le colosse, elle beugle « JE SUIS UNE ILLUSION D’OPTIQUE » -________-
Duncan : Vrai, Alis-san ?
BAF
Alis : Voui, mais ça n’empêche que Rachel reste en coulisses avec moi ^^

(Toujours en attente d’un titre) Chapitre B.

Hilda : « Toujours en attente d’un titre », hein ?
Alis : Bah, spas comme si ça allait durer 20 000 chapitres, hein…
Duncan : Sûr, vu que vous mettez des lettres, vous pourrez pas en faire plus de 26.
Alis : ___ Dis donc, t’en as pas marre de vouvoyer tout le monde ? Et puis, bien sûr que je peux en faire plus de 26 !!
Duncan et Hilda : Ah ? Bon ? *pas rassurés*
Alis : Bien sûr ^^ !! Suffit d’enchaîner avec les idéogrammes japonais, les trucs arabes, les…
Hilda : Ca va, ca va, on a compris… On va en chier, quoi.
Alis : Mais non, c’est le dernier chapitre !!

Hilda : Pardon ?
Alis : Ben, c’est une histoire courte… Pas besoin de plus de deux chapitres.
Duncan : O___O ?
Alis : -____- Quoi ?
Duncan : Ben, une histoire courte, ça vous ressemble pas, Alis-san…
Hilda : Disons les choses franchement : elle est en manque de thé. Duncan, va faire chauffer l’eau pour Alis. Je l’attache et je lui enfonce un entonoir dans la gorge.
(Thème : Apocalyptica à Ruska)

Duncan était assis sur une chaise de bois, les doigts croisés en cloche devant son visage grave. Il savait que les Oiseaux étaient robustes, il ne s’en faisait pas pour Solani. Par contre, il était nerveux rien qu’à la pensée de ce qu’il allait lui demander. Rachel ne pouvait pas être morte, c’était impossible. Il devait il y avoir un moyen de la ramener, ou d’empêcher ce désastre. Il élabora mille plans, imagina mille moyens, tous aussi fous les uns que les autres.
Rachel ne pouvait pas être morte.
– Duncan, tu ferais mieux de rentrer chez toi. »
Hilda posa la main sur l’épaule du jeune homme. Il leva les yeux pour lui faire face.
– Je dois retourner au boulot, moi, je peux pas passer mon temps à te surveiller. Je te ramène, Duncan. Tu dois te reposer. »
– Mais, et Rachel… »
Il était désespéré et désespérant. Hilda le gifla violemment. Elle se mordit la langue pour s’empêcher de dire ce qu’elle pensait réellement. Duncan avait simplement tourné la tête lorsqu’elle l’avait claqué, et frottait à peine sa joue endolorie. Hilda saisit Duncan par le bras et l’entraîna à sa suite, porta son bracelet au niveau de ses lèvres :
– J’aurai besoin de l’adresse d’un Duncan, assez typé « étrang ». Faut que je le ramène chez lui. »
Une voix résonna dans sa tête, lui donnant l’information qu’elle attendait. Ils sortirent de l’Eglise des Guérisseurs … ils avaient tellement de travail après cet incendie ! Hilda lécha Duncan qui se laissa glisser au sol.
Rachel ne pouvait pas être morte. C’était inimaginable et tellement impossible !
– Je te raccompagne, Duncan. Mais après ça, je ne pourrai plus rien pour toi. »
Il haussa simplement les épaules, se releva et la suivit, perdu dans ses pensées obsédantes.
L’Ecriture pouvait tout en ce monde, disait-on. Cette Ecriture n’avait pas été fichue de sauver l’une de ses Elues ! Ni son maudit piaf ! Et cette même maudite Ecriture était sa seule chance de ramener sa bien aimée d’entre les morts. Pour la première fois depuis l’incendie, Duncan se mit à pleurer toute sa haine et sa frustation, son malheur et sa nouvelle solitude.

Il dormit deux jours entiers. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il vit une orpheline à ses côtés. il la voyait de dos et ne pouvait deviner laquelle des trois triplées c’était. Il se redressa et se frotta les yeux. à côté de lui, la jeune fille fit de grands gestes pour l’empêcher de se lever. Il soupira :
– Munorei (si elle était muette, ce ne pouvait être qu’elle) s’il te plaît, il faut… »
Une seconde jeune fille entra : elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à Munorei, mis à part cette longue cicatrice qui parcourait sa joue. Mais celle-ci était beaucoup moins douce que sa soeur.
– Duncan, tu restes couché. »
Il avala sa salive. Et décida qu’il devait protester.
Mauvais choix.
– Kaan, il faut que j’aille… »
– Non. Que tu restes au lit. »
La dénommée Kaan avait parlé avec la voix la plus douce possible. Mauvais signe : elle sauta sur Duncan et le plaqua sur son lit. Il poussa un cri, tant de douleur que de surprise.
– La gardienne qui t’a ramené a bien dit : « repos absolu, et que je ne le vois pas dehors ces dix prochains jours. »
Avec des gestes, Munorei ajouta : « elle a aussi dit qu’autrement elle l’étranglerait. »
– Alors, Duncan, tu restes ici, sinon on t’attache. »
La denière des triplées arriva, soupira.
– Kaan, descend de Duncan. Bonjour, Duncan, bien dormi ? »
– Lélia, par pitié, laisse-moi, toi, aller aux toilettes, je suis au bord de l’explosion. »
– Mais je t’en prie, Duncan. Après, tu reviens prendre ce petit déjeuner que nos pères ont fait. »
Il soupira et sortit précipitemment. Sur le chemin du retour, il ne put s’empêcher de penser à Rachel … en fait, il n’avait rêvé que d’elle, et des milliers de fois où il avait réussi à la sauver. Lorsqu’il était arrivé sur Vyskocyl, l’orphelinat était le seul endroit où il pensait pouvoir se sentir chez lui. Non pas qu’il était orphelin, bien au contraire, mais sa mère tenait elle aussi un orphelinat, et il se sentait l’âme du grand frère de tous ces enfants. Alors, il leur avait proposé ses services, tout en s’essayant à plusieurs métiers, jusqu’à, bien entendu, rencontrer Rachel.
Il entra dans sa chambre, où les trois soeurs se chamaillaient discrétement. Son arrivée les interrompit, et aussitôt, les trois soeurs s’occupèrent de lui malgré ses protestations. Duncan jouait pourtant le jeu, mais à la fin de son copieux repas, son visage perdit son sourire, et il baissa la tête.
– Est-ce que… Est-ce qu’une liste des survivants de l’incendie de l’opéra a été publiée ? »
Munorei baissa la tête, débarassa le plateau et sortit : dans ces cas là, elle était trop expressive, et elle avait peur de dramatiser la situation plus qu’elle ne l’était en réalité. Kaan laissa son côté sauvage au placard.
– Duncan, pourquoi tu veux savoir ça maintenant, alors qu’on s’amusait bien… »
– Kaan, il a le droit de savoir. »
Des trois, Lélia était assurément la plus mature à presque leur petite maman. Kaan croisa les bras et bouda. Lélia s’assit au bord du lit, allongea Duncan et lui prit la main.
– Tu devras être courageux, mon Duncan. Parce que ce ne sont pas de bonnes nouvelles que je vais t’annoncer. »
Il hocha la tête, ferma les yeux.
– Des survivants, il y en a une petite dizaine. Il y a toi, bien sûr, et tu t’en es sorti à merveille. Trois hommes sont dans le coma, un garde et deux musiciens. Le chef d’orchestre est grièvement blessé, et il ne retrouvera sans doute jamais l’usage de ses jambes et de son bras gauche. Quatre spectateurs ont été brûlés, ils guérissent, lentement mais sûrement. Un autre garde s’en est tiré avec l’avant bras en moins. La meilleure nouvelle, c’est que notre bon duc s’en est sorti, bien que son état soit toujours critique. Et, il y a aussi l’Oiseau, mais il se serait enfui. »
Elle marqua une pause, inspira profondément.
– Voilà, Duncan. Tu sais tout.  »
Il ne dit rien. Lélia fit signe à sa soeur de sortir, elle embrassa Duncan sur le front, et sortit en murmurant :
– Je suis désolée, mon Duncan. »
Il entendit la porte se fermer, les pas s’éloigner, et le silence, terrifiant.
Il l’avait sauvée des milliers de fois, dans ses rêves, alors pourquoi Lélia n’avait-il pas prononcé son nom ? Pourquoi ne pouvait-il pas avoir une chance, à travers ses rêves, de sauver sa chère Rachel ? Des larmes roulèrent lentement sur ses joues, silencieuses. Et pourquoi Solani s’était-elle enfuie ?
[Parce que j’ai senti que tu m’appelais, Duncan.]
L’aigle se percha sur le rebord de la fenêtre, et fixa le garçon allongé. Il était toujours immobile, mais il ouvrit les yeux. Son regard était vide.
– Foutu cacatoés… Tu n’as rien fait pour sauver Rachel. »
Solani ne dit rien. Elle replia complétement ses ailes, sauta pour entrer dans la chambre, et se percha sur le bord du lit.
– Je te déteste, Solani. Rachel ne reprsentait donc rien pour toi ?! »
Il se redressa brusquement, sa blessure au ventre lui arracha un petit cri de douleur. Il pointa l’Oiseau du doigt, et hurla toute sa rage, l’accusa de toutes ses souffrances, et bien plus encore. Quand, dans sa colère, il évoqua « cette pétasse de gardienne », Solani cracha comme un chat, les plumes gonflées. L’air de rien, cela impressionna Duncan, qui se calma net. Son monologue l’avait étrangement essoufflé, et tandis qu’il reprenait son souffle, il se remit à pleurer Rachel.
[Duncan, si au lieu de nous accuser, Hilda et moi, de tous les maux du monde, tu me disais pourquoi tu m’as appelée ?]
– Rends-moi Rachel, Solani. Avec l’Ecriture, tout est possible, non ? Rends-la-moi, elle ne peut pas mourir commme ça… Je ferai n’importe quoi, mais rends-moi ma Rachel… »
– Et s’il fallait pour cela que tu meures, gamin ? »
Il leva les yeux et vit Hilda sur le bord de sa fenêtre. Il ne s’étonna pas de sa présence, et répondit simplement :
– Ma vie n’a plus aucun sens sans elle. »
– Parce que tu crois que ça lui ferait plaisir, à elle, de revenir dans un monde où tu n’es plus ? Réfléchis bien, Duncan. Nous reviendrons ce soir. »
Hilda bascula en arrière et disparut, tandis que Solani passa à travers le mur avant de s’envoler. Il était un peu chamboulé par ce que venait de lui dire la gardienne, et décida de se lever pour en parler avec un père de l’orphelinat.
Il déambula dans les couloirs silencieux. Il aurait voulu, à ce moment là, parler à l’un de ses parents, à sa petite soeur, à quelqu’un qui était vraiment de sa famille.
A quelqu’un qui aurait pu être de sa famille. Un peu fou, il se demanda s’il ne devait pas aller voir le Duc de Vyskocyl. Mais que représentait-il pour le duc, en fait ? Bien sûr, n’importe quel père souhaiterait la mort d’un parfait inconnu si ça pouvait lui rendre son enfant. Il baissa les yeux, et vit un enfant à quatre pattes le regarder, accroché à son pantalon, une grosse suce dans la bouche. Il le prit dans ses bras et le revoya aux nurses à qui il avait échappé, puis reprit le chemin du bureau du plus vieux père de l’orphelinat.
– Père Jekel ? »
Duncan passa la tête à travers l’entrebaillement de la porte avant d’entrer. Jekel leva les yeux et sourit.
– Je suis heureux de voir que tu es en forme, Duncan. Munorei avait l’air tellement inquiète, elle a veillé sur toi les deux jours où tu dormais. Tu as l’air soucieux, mon enfant. », ajouta-t-il après une courte pause.
Duncan s’assit sur le fauteuil qui faisait face au vieil homme.
– Vous savez que j’aime Rachel, n’est-ce pas ? »
Le noeud dans sa gorge le força à faire une pause. Le père ne dit rien.
– Vous pensez que ça vaut le coup de vivre dans un monde où l’être aimé n’est plus ? »
Il se mordit la joue pour ne pas pleurer.
– Dans mon sommeil, j’ai rêvé que je la sauvais, des dizaines et des centaines de fois. Pourtant, quand je me suis réveillé, Lélia… Elle, m’a dit, ou plutôt, elle ne m’a pas dit le nom de Rachel dans les survivants, et… Et l’Oiseau, elle est venue me voir, et elle m’a demandé si j’étais prêt à mourir pour faire revenir Rachel… C’est égoïste de ma part, de vouloir la faire revenir, mais je l’aime tellement… »
Il replia les jambes sous son menton, serra les mains pour s’empêcher de pleurer. L’image de Rachel le hantait. Jekel s’approcha du jeune homme et passa ses bras autour de lui, l’embrassa affectueusement sur le front.
– Ca va aller, Duncan. Je n’ai pas à te dicter ta conduite, mais ne fais jamais rien que tu pourrais regretter. Ecoute ton coeur, par ton esprit amoureux. Et ne regrette jamais rien. »

Duncan ouvrit les yeux, vit les flammes, tout autour de lui. Pendant quelques secondes, il entend les cris, qui s’estompent finalement, petit à petit. Le crépitement des flammes, puis le silence.
Rachel ?
Il n’entend pas non plus sa propre voix. Il court vers la scène : il sait que c’est encore un rêve, mais il veut encore la sauver. Mais cette fois-ci, la scène est vide.
Rachel ?!
Il se tourne vers la salle, pleine de visages noirs grimaçants. Il lève les yeux vers le balcon où était assis le Duc, le voit hurler, les yeux rivés sur une forme entre les sièges. Duncan saute, vole jusqu’aux sièges, et il la trouve. A genoux, repliée sur elle-même. Mais encore en vie.
Rachel, je t’ai enfin retrouvée. Sortons, vite !
Elle se tourne vers lui, son magnifique visage clair l’éblouit. Il la serre dans ses bras :
Ma Rachel, tu es si belle…
Mais, elle s’écarte de lui. Dans sa main droite, elle tient encore sa plume. Sa main gauche est compressée sur une blessure, près de l’épaule. De ses mains jointes, s’écoule un liquide mauve, mélange de sang et d’encre.
– Duncan, c’est inutile, regarde… »
Elle baisse les yeux vers la toile sur laquelle elle Ecrivait son concert. Et Duncan voit alors comme un dessin, des flammes et la mort sur toute la toile, sauf dans le coin inférieur gauche. Exactement où lui se trouvait, pendant sa représentation. Ses yeux commencent à briller : mais il n’a pas encore compris…
– Allons-nous mourir, Duncan ? »
Je veux te sauver, Rachel, je le peux… C’est maintenant, ma chance, hein ? C’est maintenant que je peux te sauver ?
Elle rit.
– Mon cher, cher Duncan ! Tu lis trop de livres ! Allez, réveille-toi, maintenant. Veille sur mon père, marie-toi, et ne m’oublie jamais… »
RACHEL !!!

Il se réveille, complètement en nage, sur son lit, à l’orphelinat. Devant lui, Hilda, sur le rebord de la fenêtre, et Solani, sur sa commode. Les interminables cheveux gris de Hilda volent au gré du léger vent. Le soleil se couche. Il les regarde, un peu perdu, encore pris dans les brumes de son rêve. Il enfouit son visage dans ses mains.
– Oh, ma Rachel… »
– Solani, on devrait faire quelque chose pour lui, tu ne crois pas ? »
[L’Ecriture prend vie, mais ne la rend pas… Tu as oublié tes leçons, Hilda ?]
La gardienne descend de la fenêtre, se dirige vers Duncan et le prend dans ses bras.
– As-tu réfléchis, Duncan ? Sais-tu vraiment ce que tu attends de nous, maintenant ? »
Entre deux sanglots :
– L’Ecriture peut tout en ce monde… »
– Oui Duncan, elle prend vie… Elle prend la Vie de son Elu. L’Ecriture entend le coeur de son Elu et exauce ses désirs. Rachel voulait jouer du violon, et sa fatigue ne se voyait pas. Mais, lors de l’incendie, elle a voulu… »
– Non, Hilda, TAIS-TOI ! »
[Ecoute la vérité, gamin.]
– … elle a voulu te sauver, et elle a voulu son père, et moi, je n’ai pu qu’exaucer son désir, Duncan ! »
– Tu ne la connaissais pas, ne parle pas d’elle comme si vous étiez proches !! »
Il hurle et commence à se débattre. Hilda n’a aucun mal à le garder fermement contre lui.
– Duncan ! Pourquoi aurais-je sauvé un étranger plutôt que le Duc ?! Et si Rachel ne t’a jamais parlé de moi, c’est qu’elle ne le pouvait pas ! »
[Hilda, cette fois, c’est moi qui te demande de te taire!]
– Merde Solani ! Duncan, écoute-moi bien. »
Il avait arrété de se débattre, sa respiration était saccadée. Hilda le tourna vers elle :
– Duncan, écoute-moi, et regarde-moi. Attentivement. Tu veux une autre vérité ? Alors, imagine-moi, brune, des cheveux moins longs, quelques centimètres en moins et un peu plus de poids. Rachel est le portrait craché de son père, et je suis celui de notre mère. Lorsque Solani est arrivée à notre naissance, elle a choisi Rachel, et j’ai été tuée. L’Elue ne pouvait pas avoir une soeur jumelle. Mais Solani s’est rapidement rendue compte que Rachel ne pouvait pas complètement maîtriser l’Ecriture. Alors, elle a ramené mon âme, et je suis devenue gardienne, étrangère à Rachel, c’est vrai, mais j’entendais chacune de ses pensées, chacun de ses désirs, et Solani a fini par nous présenter l’une à l’autre, et je suis devenue sa gardienne… Finalement, son père m’a reconnue… »
Quelques secondes de silence.
[Tu risques de le regretter, Hilda.]
– Pff. De toute façon, je vais bientôt disparaître, n’est-ce pas ? »
Duncan n’avait pas tout bien compris, et son cerveau triait lentement, mais sûrement, toutes les informations d’Hilda. Il finit par dire :
– Pourtant, tu es bien réelle, Hilda. Pourquoi Solani ne peut pas ramener Rachel de la même façon ? »
[SILENCE !]
Regard noir de Hilda à Solani.
– Solani m’a dévorée. Maintenant que Rachel est décédée, Solani n’a plus aucun source pour alimenter son propre pouvoir. Elle va mourir, et moi, je vais disparaître… Solani, ne gaspille pas ton énergie, tu ne me feras pas diparaître avant l’heure.  »
Duncan regarde Hilda droit dans les yeux.
– ‘Phédora’, celle qui a deux vies. »
Il approche sa main de son visage, mais ne la touche pas.
– Alors, tout est perdu, pour Rachel ? Je ne peux vraiment rien faire pour elle ? »
Hilda secoue la tête.
– Et pour toi, alors? »
Hilda lève un sourcil, surprise.
– Quoi, moi ? »
– Je peux pas te sauver, toi non plus ? »
Les yeux de la gardienne brillent.
– Non Duncan, pour moi non plus, tu ne peux rien faire… Mais c’est… gentil, d’y avoir pensé. »
Il baisse la tête, sa main retombe sur le lit.
– Ahé »
Il soupire.
– Moi, je dois te sauver, Duncan. Tu sais, je détestais Rachel, qui me faisait partager son amour pour toi à travers notre lien étrange. Je la détestais de me faire partager ce que jamais je ne pourrai vivre. Mais avant de mourir, elle me l’a bien dit : « sauve-le ».
Hilda posa la main sur le front de Duncan, le visage ravagé par les larmes.
– Alors, Duncan, puisque je ne peux pas te la ramener, je peux te la faire oublier. »
Un lumière bleuté striée de blanc entoura sa main sur ces derniers mots. Solani avait disparu, et Duncan murmura :
– Je ne veux pas vous oublier. »

– Non ! »
Duncan sursauta, assis en tailleur sur son lit. Il avait dû s’assoupir… Il se leva, sentit un étrange parfum qui flottait dans sa chambre. Munorei entra à cet intant et lui sourit. Il avait l’impression que quelque chose lui échappait. Il chercha longtemps, puis un nom retentit en écho au fond de son esprit. Mais malgré son excellente mémoire, il n’arrivait pas à associer de visage à « Rachel ». Et pourtant, il avait fait une promesse importante à cette « Rachel »… Munorei le tira de sa rêverie d’un claquement de doigts, et lui fit comprendre que la cuisine n’allait pas attendre qu’il ait fini de rêvasser. Un brin troublé, Duncan suivit l’orpheline.

Duncan : Ca finit mal, votre histoire, Alis-san !
Alis : Et oui !! ^^
Hilda : Hem, tu n’es pas censée sourir…
Alis : Oups…. ^^;;
Hilda : -____-
Duncan : O__o ?
Alis : MOUAHAHAHAHA, vous avez des têtes trop drôles !!
Hilda : -__- Ce ne sont que des smileys, Alis.
Alis : Voui, mais comme je récupère bientôt le net, faut que je m’entraîne ^___^!!
Hilda : -_____- Au secours.
Duncan : ^^;

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